La transmission de l’art comme savoir-faire

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Alors que la première édition du Salon de l’artisanat se tenait à Pointe-Noire du 15 au 30 juin, Brazzamag a rencontré Florence Soblog, une peintre dynamique et présidente de deux associations artistiques.

Mécanicienne de profession Florence Soblog née Mbilampassi se lance dans la peinture et la sculpture en 1998 après un songe dans lequel elle se voit peindre. En recherche d’emploi à cette période, elle se met alors à faire des toiles en s’aidant des techniques de broderie qu’elle a appris à l’église Saint-Pierre à Brazzaville.

Un rêve devenu réalité

Florence SoblogDe l’art contemporain en passant par l’art abstrait, le cubisme ou encore le semi-réalisme, Florence a réalisé plusieurs expositions dans des hôtels ou des salons au Congo. Principalement à Brazzaville où quelques-unes de ses œuvres sont exposées au Mikhael’s Hotel.
La souriante brazzavilloise utilise beaucoup la technique du collage avec des déchets qu’elle récupère mais peint aussi avec ses pieds, le couteau ou la lame. « Il m’arrive parfois de danser sur la toile. explique la peintre qui raconte avoir besoin de sentiments apaisés pour créer. « Je n’aime pas dormir avec la colère, cela gâche ma paix. Pour travailler j’ai besoin de calme, de tranquillité d’esprit et de méditation » précise t-elle.

Autodidacte, Florence se fixe l’objectif de former les femmes à un métier artistique pour leur permettre de pouvoir se prendre en charge. Le 20 janvier 2000, elle fonde le club des femmes artistes peintres et sculpteurs (CFAPS) à Brazzaville. « C’est difficile d’être une femme dans ce type de métier, surtout pour les jeunes filles ou les débutantes. On n’est pas à l’abri des propositions indécentes, certaines personnes vous suggèrent d’avoir des rapports sexuels avec elles » confie Florence. Aujourd’hui, l’association compte plusieurs antennes au Congo (Pokola, Djambala, Kingala, Louigui, la Likouala…).

La volonté de développer des talents

« Le métier de peintre est d’abord est une histoire de passion. On ne vend pas tous les jours comme le pain à la boulangerie. Par conséquent, il faut avoir énormément de patience et de persévérance » souligne l’énergique créatrice. « C’est pourquoi il est important de se soutenir, d’être solidaire. Et cela a aussi déterminé notre devise « amour, unité, disponibilité et volonté » expose t-elle.
Grâce au club des femmes artistes peintres et sculpteurs, Florence a déjà formé plus de 2000 jeunes.

Florence SoblogEn 2015, l’artiste a également créé à Pointe-Noire l’association des plasticiens entrepreneurs et dynamiques du Congo (APEDC) anciennement connu sous le nom de APR, association des peintres réunis. La structure, dont le slogan est « travail et développement », prend en charge la formation des jeunes désœuvrés en peinture et sculpture en matière de récupération (remise en forme d’objets en plastique, pierre…). L’APDEC vise à faire ressortir la créativité de ses apprentis en les aidant à exprimer à l’aide de pinceaux ce qui leur vient à l’esprit.

Plus de visibilité pour attirer les clients

florence soblogMalgré les différents efforts fournis par les artistes, l’artisanat est encore peu développé au Congo. A Brazzaville, le centre de formation du Club des femmes (CFAPS) vers les rapides du Djoué a été réhabilité par l’Union Européenne et l’ambassade des Etats-Unis en 2015. Mais ce n’est pas suffisant pour Florence. « Il nous manque des sites pour stocker le matériel, des ateliers pour travailler… Il nous faut un conservatoire d’art ! » insiste-t-elle. « Plus on aura de la visibilité, plus on pourra intéresser les clients », ajoute la créatrice tout en lançant un appel aux dons.

Que ce soit des subventions du gouvernement ou du sponsoring d’entreprise, Florence espère recevoir de l’aide pour faire avancer le développement de l’art au Congo.

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