Carpe Diem : au service des citoyens

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Vous les avez peut-être croisés avec leurs pousse-pousses dans le quartier OCH de Brazzaville. Ces hommes en combinaison, bottes, masque et gants travaillent pour l’association Carpediem. Une idée d’Ingama Carombo

A son retour de France en 2005, ce congolais de la diaspora a eu l’idée de rassembler les pousse-pousseurs au sein d’un collectif structuré.  Ayant observé ces hommes qui travaillaient dans des conditions précaires et étant sensible aux problèmes environnementaux, Ingama a eu l’idée de joindre l’utile à l’agréable : accomplir son devoir de citoyen et en faire son gagne pain.

Les pousse-pousseurs de Brazzaville travaillent individuellement, sans couverture sociale ni matériel adéquat et souvent, c’est un métier qu’on ne choisit pas mais qu’on subit, faute de mieux…  Ajoutons à cela que ceux qui font ce métier passent outre les droits les plus rudimentaires des travailleurs.

 C’est là où intervient l’association Carpediem.  Son premier objectif est bien évidemment de continuer à nettoyer les rues du quartier mais aussi, d’offrir  aux travailleurs de meilleures conditions de travail et de créer des offres d’emploi.

Le même métier, en version améliorée

En approchant les pousse-pousseurs de Brazzaville,  Ingama leur a posé quelques questions sur leurs conditions de travail et leur a fourni des explications quant à leurs droits et aux possibilités de débouchées du métier. En rejoignant le collectif Carpediem, désormais, les pousse-pousseurs ont la possibilité d’être affiliés à la CNSS (Caisse Nationale de Sécurité Sociale) et de cotiser ainsi pour leur retraite. Aussi, on leur fournit un uniforme et un matériel de protection (gants, casques…) pour travailler dans le respect de soi et de l’environnement.

Depuis sa création, ce collectif a contribué à la création d’une trentaine d’emplois dans le quartier OCH . Le salaire d’un pousse-pousseur varie entre 70 000 et 120 000 Fcfa, en fonction de l’ancienneté de l’employé au sein de l’association.

Pour bénéficier du service du collectif Carpediem, , il faut prévoir entre 3000 et 8000 Fcfa par mois. Le prix varie selon la surface, le nombre de personnes vivant dans le ménage en question et le nombre de passages par semaine.

Daniel Obilagounda habite dans le quartier OCH depuis cinq ans : “Nous avons plus de problèmes de ramassage des ordures. Les agents qui travaillent dans cette association font bien leur travail», témoigne-t-il, satisfait.

Pour Ingama, si tout se passe comme prévu, le collectif devrait s’étendre vers d’autres quartiers de Brazzaville d’ici peu. Car il ne s’agit pas de se restreindre à un seul emplacement mais de faire bénéficier toute la ville des prestations de l’association.

Les difficultés rencontrées

Le ramassage des poubelles ne représente qu’une partie du travail de l’association. En effet, après avoir nettoyé les rues, il faut bien stocker les déchets quelque part. C’est précisément à ce niveau là que l’ambassadeur de l’économie verte rencontre des problèmes.  Au jour d’aujourd’hui, les déchets sont déversés dans des ravins de particuliers dans le but de contrer l’érosion de leurs terres. Même  si ce procédé a un point positif, il présente tout de même des dangers  et pour les habitants (mauvaises odeurs, maladies, foyer de microbes…. ) et pour l’environnement (pollution, matériaux non biodégradables… ) .   Ingama a pourtant essayé d’obtenir un emplacement éloigné des ménages pour effectuer le tri et le stockage des déchets. Malheureusement, sa démarche auprès du domaine foncier s’est soldée par un refus.  Pas de terres à louer ou à prêter à ce genre d’associations.

“Nous souhaitons que les mairies ou autre puissent avoir des sites dédiés aux déchets”, explique-t-il en se tenant auprès d’une benne à ordures de 7mpleine à ras bord et qui sera triée le lendemain.

Pour récapituler, l’association Carpediem crée des emplois, offre de meilleures conditions de travail aux pousse-pousseurs et se charge de nettoyer les rues dans le respect du citoyen et de l’environnement. Une démarche noble et positive en tous points. A ce stade là, une seule question se pose : quand est-ce que les autorités locales se décideront à apporter leur soutien à ce collectif ? Un terrain vague en dehors de la ville pour stocker les déchets sans danger ne serait pas de refus…

 

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