Entretien: des solutions pour faire décoller l’écotourisme au Congo

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L’écotourisme pourrait représenter une mine d’or pour le Congo. Osée Colin  Koagne dirige l’Association pour la Culture de Protection de faune et de la Flore (ACPF). Ce camerounais estime que ce secteur pourrait accompagner le pays a accélérer son processus d’industrialisation. Il suffirait que les politiques y mettent un peu de bonne volonté.

Brazzamag : Qu’est-ce que l’ACPF et quel est son rôle ?

Osée Colin Kouané: L’association pour la culture et la défense de la forêt. L’ACPF a pour rôle d’initier les populations un esprit de développement durable, à mettre en avant l’importance d’une bonne gestion de la nature et le respect de ses espèces fauniques et floristiques. Nous sensibilisons les populations à travers des pièces de théâtre et des exposés.

En début d’année, la République du Congo a confirmé sa participation à l’initiative Eléphant Protection EPI, un programme de conservation menée par l’Afrique pour éradiquer le commerce de l’ivoire et arrêter le massacre effréné des éléphants du continent par des braconniers. Y a-t-il eu des changements depuis ?

OCK : La République du Congo est un pays avant-gardiste. Elle a toujours joué un rôle de pionner. C’est le pays où le taux de déforestation est le plus faible du monde, et le braconnage est maîtrisé. Des avancées ? Oui, parce que depuis quelque temps, le Ministère de l’Economie Forestière collabore avec notre association pour sensibiliser les populations sur la protection de la faune et la flore.

tpj11odz10761Qu’attendez-vous précisément de ce genre d’initiative ? Concrètement, quelles sont les initiatives faites par le Congo et la société civile en général pour préserver la faune et la flore du pays ?

OCK : L’initiative est louable pour la République du Congo. Mais nous voudrions plus d’accompagnement. Les ONG ont fait un travail énorme dans la sensibilisation. Quand nous parlons aux gens, nous leurs disons par exemple qu’un éléphant mort ne paye pas, mais quand il est vivant c’est grâce à lui que viendront les touristes qui vont louer vos maisons, acheter vos produits et payer les guides touristiques.

Quels sont les grands défis du Congo en matière de défense de la faune et de la flore ?

OCK : Les défis sont nombreux, comme former les éco gardes. Mais cela n’est pas seulement la responsabilité du Congo. Les pays pollueurs doivent aussi donner les moyens aux ONG tel RDD+ et autres afin de soutenir le gouvernement Congolais dans son initiative.

Quels sont les grands défis du Congo en matière de défense de la faune et la flore?

OCK: les défis sont nombreux : former les éco gardes et sensibiliser suffisamment les populations riveraines à l’instar des autochtones sur la nécessité de protéger la faune et la flore. Les pays pollueurs d’Europe, d’Amérique et d’Asie doivent payer pour leur pollution au Congo. Comme cela a été déclaré dans un accord après la cop21 à Paris. Certes il y’a eu de beaux discours et d’accords de promesses pour la lutte contre le changement climatique avant Paris. Très peu d’actions concrètes sur le terrain dans les pays forestiers ont été constatées. Nous reconnaissons néanmoins la mise en place de la REDD(réduction des émissions de gaz a effet de serre), financement de l’ONU. APV flegt de l’Union européenne. Mais les retombées dans les pays forestiers sont très faibles. La république du Congo par contre continue à avancer avec la création du FIPAC( form international des peuples autochtones de l’ Afrique centrale), le lancement du Pronar( programme national de reboisement), financement du SNR( Service National de reboisement) et l’accompagnement des projets comme l’ACPF pour la sensibilisation et WCS pour la conservation des gorilles.

Le gouvernement souhaite faire la promotion de l’écotourisme. Comment expliquezvous le fait que ce type de tourisme ne marche pas?

OCK : L’écotourisme est le type de tourisme le plus prisé actuellement. Pour que cela décolle, il faut que le gouvernement repeuple les sites en animaux et travaille en connivence avec les associations. Aussi il faut former les guides touristes et les hôtesses.

Que faut-il faire pour que cela change ?

OCK : pour que cela change, il faut mettre l’accent sur la sensibilisation. Nous puisons nos aspirations dans l’ouvrage du ministre de l’économie forestière, « Sous la Braise ».

Comment préserver cette nature avec l’industrialisation du pays?

OCK : nous devons montrer à la population comment la forêt peut créer les emplois pour que les populations qui sont à  la rizière de la forêt puissent la protéger jalousement. Le secteur forestier est le deuxième employeur après la fonction publique. Les populations doivent le protéger.  

Photo Une: Gaston Boussouamina

Photo éléphant: © Tim Jackson

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